Le profond bleu du ciel, le tendre vert du printemps, l’étincelant blanc des glaciers et des neiges récentes,… La fraîcheur de la brise, la douceur d’une après-midi de mai, mais aussi la chaleur dans le cœur des personnes présentes…

Toute la palette de couleurs et d’émotions que recèlent en elle la montagne, et qui ravissait tant Valérie, étaient réunies au Champel ce samedi après-midi, dans ce lieu d’une simple mais évidente beauté. 

C’est là, à l’initiative  de Jean-Pierre son mari, Lucie et Justin, ses enfants, que sa famille et ses amis se sont retrouvés pour lui dire, tous ensemble, au revoir dans un moment de partage à son image : sensible, fort, sincère, avec le sourire et l’espoir en toutes circonstances. Dans le public, des représentants d’EPPM, dont beaucoup de jeunes que Valérie côtoyait régulièrement.

 

Valérie Tauvron était directrice d’En Passant Par la Montagne depuis septembre 2009. Seule la maladie, implacable et brutale, sera parvenue à la détourner de son engagement indéfectible au service de l’association, au sein de laquelle on la voyait s’épanouir, tant elle conjuguait ainsi sa passion de la montagne et son attention pour les autres.

Avec elle, En Passant par la Montagne a franchi un cap. Diplômée d’un master de Sciences Po Grenoble en « développement et expertise de l’économie sociale », Valérie savait conjuguer la rigueur nécessaire à la bonne gestion financière d’une association, l’enthousiasme indispensable au management de son équipe, et le gout de l’innovation pour sans cesse proposer de nouvelles aventures aux structures et publics sollicitant les compétences de l’association.

 

C’est ainsi qu’au cours des dernières années, Valérie s’était plus particulièrement investie dans trois axes de développement d’En Passant Par la Montagne :

  • Celui du rayonnement du « modèle EPPM » et du déploiement de ses valeurs et méthodologies au-delà de son périmètre traditionnel, pour toucher encore plus de publics. L’accompagnement de l’association suisse « Chemins de montagnes », et de la Maison de la Montagne de Pau dans les Pyrénées, la mise au point d’une offre complète de formation auprès des travailleurs sociaux comme des professionnels de la montagne sont parmi les exemples les plus significatifs en la matière. Cet « essaimage », comme Valérie aimait l’appeler, a trouvé sa pleine concrétisation avec la création de « l’Antenne de Grenoble » en 2014, pour s’ouvrir davantage encore aux montagnes du Vercors et de l’Oisans, mais surtout aux jeunes qui vivent à leurs pieds sans jamais avoir eu la chance de les parcourir.

 

  • Celui de l’élargissement et de la diversification des publics, pour proposer aux adultes en situation de handicap, aux personnes âgées,… de connaitre l’expérience de la montagne sous toutes ces formes. A ce titre, on retiendra notamment « le sommet des Géants », cette ascension du Mont-Blanc par les personnes de petite taille de l’association « France Nano Sport », les partenariats avec les EHPAD de Passy et Chamonix pour faire découvrir, parfois pour la première fois, les joies de l’altitude aux aînés du Pays du Mont-Blanc.

 

  • Et puis surtout, celui, sans cesse martelé comme une marque de fabrique, de la mixité des publics. Au long cours tout d’abord, avec les clubs d’escalade du Fayet et d’Annecy où valides, handicapés, pauvres, riches, jeunes, vieux, expérimentés ou débutants se retrouvent tous ensemble chaque semaine sur un même créneau et se témoignent une confiance mutuelle en s’assurant les uns les autres. Tout aussi étonnant, le projet « Marcher pour entreprendre » a permis à des chefs d’entreprise adhérents du MEDEF de partager un séjour itinérant avec des jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse.

 

En près de huit ans, Valérie avait permis la multiplication de ce genre d’initiatives et d’expériences. Elle savait pouvoir compter sur une équipe solide et toujours prête à la suivre dans son engouement, tout autant qu’à lui souffler à l’oreille de nouvelles propositions.

Evidemment, Valérie laisse un grand vide et rien ne nous consolera de sa perte.

Mais Valérie laisse aussi un formidable héritage : son sourire et sa bonne humeur permanente, sa manière d’être, d’envisager la vie, de regarder l’autre, l’envie de (se) découvrir et de partager. Ensemble.

C’est donc ensemble et fort de tout cet héritage que nous (administrateurs, salariés, bénévoles, professionnels de la montagne, partenaires,…) poursuivons le chemin.

 
 

L’équipe d’En Passant Par la Montagne