« Tiens l'œil fixé sur la voie du sommet, mais n'oublie pas de regarder tes pieds. Le dernier pas dépend du premier. Ne te crois pas arrivé parce que tu vois la cime. Veille à tes pieds, assure ton pas prochain, mais que cela ne te distraie pas du but le plus haut. Le premier pas dépend du dernier. » (René Daumal, Le Mont Analogue)

Les premiers pas

 

Alpages

Alpages

 

Voilà bientôt une heure que nous marchons le long du sentier menant au refuge de Moëde Anterne. Au sortir de la forêt, dans les alpages verts et les grand blocs calcaires, le soleil commence à frapper dur sur nos têtes. Le groupe s’étire puis se regroupe, s’étire de nouveau et se rassemble encore sous les effets de la fatigue, des solidarités, des amitiés qui s’attendent. Justine en a marre. Dès qu’elle regarde vers le haut, elle entrevoit l’étendue du chemin encore à parcourir. Sans fin. Et ça la décourage. Alors elle s’arrête, peste contre la maudite idée qui l’a fait accepter de venir dans cette galère. Ses camarades, après les premières hésitations devant la nouveauté et l’effort, ont enclenché une autre dynamique. Les soutiens se succèdent : Aurélie son éducatrice, Fanny notre guide, mais aussi Clémence et Jonathan, ses amis, viennent un à un l’encourager, lui dire qu’elle peut y arriver, que c’est possible. Alors elle repart, mais seulement pour quelques pas. Ensuite, quelque chose se bloque, la bloque dans cette progression difficile.

Les difficultés surmontées!

  

Les liens de l'amitié...

Les liens de l’amitié…                                                                

Notre confiance et notre envie de réussir déjoue parfois devant l’effort et l’inconnu. Il est difficile alors de savoir ce qui fait que « ça marche » … ou pas. Et puis, après le pique-nique, le miracle ou plutôt la solution émerge : Gilles, force de la nature, se propose comme mule. Mains agrippées à son sac, yeux sur le pas prochain, Justine avance maintenant en tête, le visage détendu. Elle profite des cours d’eau pour sauter dans les flaques, arroser ses amis et même soutenir Clémence dans les passages aériens. Le plaisir d’être là s’est substitué à l’angoisse de la suite. Le soir, un bon repas et un concert de jazz nous attend au refuge. On peut laisser libre cours aux délires tous ensemble, à la satisfaction de l’action bien accomplie. Demain c’est tranquille, on descend! 

Jazz Concert!

Jazz Concert!

Les progrès accomplis

Au milieu des efforts le jour j

Au milieu des efforts le jour j

        Que retenir de ces moments de détente et d’efforts? D’abord des liens nouveaux se sont créés entre chacun-e-s : jeunes, professeures, éducatrices, psychologue, guides. Tou-te-s se se sont rencontré-e-s différemment dans ce « monde autre » qu’est la montagne. Ensuite il y a la satisfaction des jeunes de se prouver à eux-mêmes, dans l’action, qu’il sont capables de choses insoupçonnées. Il est bon à chacun-e-s de se le rappeler. Enfin, laissons le mot de la fin aux professeures qui ont œuvré pour que ce projet émerge.

Caroline : « Le séjour restera gravé dans la mémoire de mes élèves mais aussi dans la mienne […] Il y a eu des moments certes un peu compliqués mais cela a rendu le résultat final encore plus beau… Nous avons partagé des moments inoubliables qui, je l’espère, aideront les jeunes à se construire sur des bases plus solides… ».

 

Marie-Gaëlle : « Les jeunes ont su dépasser leur peur, leur appréhension (passer des névés, marcher sur la neige…), ils ont montré qu’ils étaient capables de se dépasser, de se montrer solidaires et d’encourager les autres. Ce projet leur a permis de reprendre confiance en eux, en leur capacité et de leur montrer qu’il ne fallait pas toujours s’arrêter face à une difficulté, qu’en y allant doucement, progressivement on pouvait arriver au bout. Pour conclure, je citerais seulement : « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait » »

 

La joie du retour

La joie du retour